Christine Vanhaverbeke
Dans la Galerie Zimbabwé
au bout de la cour du château
L'une et l'autre
La sculpture que j’ai choisie lors de la visite - je pourrais même dire que c’est la sculpture qui m’a choisie - a provoqué en moi une émotion à la fois de force et de douceur.
La sculpture Shona représente une femme, elle est chargée de symboles liés à la fertilité, à la sagesse ancestrale et à la connexion entre la terre et l’humanité.
Elle a les yeux et la bouche fermés. Elle semble comme plongée à l’intérieur d’elle-même, tranquille, mystérieuse, résiliente, comme en réflexion. Réalisée en pierre de serpentine, durable, minérale, elle contient, elle porte en elle la mémoire des anciens.

En écho, j’ai choisi de réaliser une sculpture de forme asymétrique plutôt féminine avec des qualités anthropomorphiques qui expriment le mouvement. J’y ajoute des nodules de terre qui suggèrent, font allusion au corps humain, un sein, le nombril d’une femme enceinte ou le ventre d’un enfant affamé. La forme est ouverte sur le dessus en écho à la sculpture référente en pierre qui ne laisse entrevoir aucune ouverture. Ma sculpture en terre de grès, matériau brut et malléable, offre un contraste organique et chaleureux face à la pierre minérale, froide et permanente. Les traces de transformations visibles, cendres et effets de flammes, viennent se poser sur l’oeuvre. La cuisson au feu de bois ajoute une dimension rituelle, une technique ancestrale, le lien entre l’humain et les éléments naturels.
Posées toutes deux sur un socle, elles dialoguent entre elles, la sculpture en argile avec celle de la femme de pierre.

Sept panneaux, hauts de trois mètres, sont installés en toile de fond noir et blanc derrière les sculptures en dialogue. Ils sont réalisés sur un papier à base de fibres de mûrier. Sur ce papier se superposent deux éléments : des monotypes d’écorces prélevées in situ et des gravures d’écorces sur lino. Le tout est imprimé au baren (disque plat muni d’une poignée)
La sculpture shona laisse entendre au passage du public le son de la forêt primaire, mêlé à des chants traditionnels.
Au 1er juin 2025, plus de 100 millions d’hectares de terres avaient déjà brûlé dans le monde.
Environ la moitié de ces terres se trouvent en Afrique .6,7 millions d’hectares de forêt perdus
étaient constitués de forêt tropicale primaire.Il s’agit de forêts vierges tropicales précieuses qui jouent un rôle crucial dans le stockage du carbone, la biodiversité, l’approvisionnement en eau et les moyens de subsistance de millions de personnes. C’est aussi une année sans précédent pour les feux de forêts en Europe. Le réchauffement climatique modifie la répartition de l’eau .L’inégale répartition de l’eau nécessite une coopération internationale pour assurer un accès équitable à l’eau, une ressource vitale pour l’humanité.
« Je ne sais jamais où je vais lorsque je commence, mais je sais comment je déambule sur mon chemin de création »
Site internet : http:// Christine-Vanhaverbeke.be
Compte Instagram: vanhaverbekechristine
En tandem avec
Anderson Mukomberanwa
Anderson Mukomberanwa était un artiste et ingénieur zimbabwéen connu principalement pour ses sculptures en pierre. Il a débuté sa carrière artistique en étudiant auprès de son père et en travaillant les pierres dures locales. Plus tard, il s'est initié à la gravure, s'intéressant particulièrement à l'eau-forte et à la xylographie . Il était également peintre. Son style artistique, empreint d'humour, lui était propre. Anderson a obtenu un diplôme d'ingénieur au Harare Polytechnic College en 1993. Il a alors décidé de se consacrer à l'art plutôt que de poursuivre sa carrière d'ingénieur civil. Il était membre de la célèbre famille de sculpteurs Mukomberanwa du Zimbabwe . Il est le fils de Nicholas Mukomberanwa, le frère des sculpteurs de deuxième génération Taguma, Lawrence, Ennica et Netsai Mukomberanwa, et le cousin de Nesbert Mukomberanwa.
