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Gaëlle de Schaetzen
La hutte

Dense et aérienne, la hutte suspend le regard, et derrière l’arbre, les figures de pierre, déjà là, se révèlent, discrètes et silencieuses, dans un dialogue de présence et de respect du temps qui passe.

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Introduction.

 

L’œuvre prend la forme d’une hutte, probablement réalisée en ronces, assemblées de manière circulaire.

 

Cette structure dense à sa base et légère sur sa hauteur évoque à la fois l’abri, la protection etla mise à distance.

 

Les épines, visibles et tactiles, introduisent une ambivalence avec la forme de la hutte qui attire autant qu’elle dissuade, rappelant que toute rencontre avec le vivant implique une forme de respect, voire de retenue.

 

Installée à proximité immédiate de petits personnages de métal préexistants, situés au pied d’un arbre et aujourd’hui en partie dissimulés par la végétation, la hutte agit comme un révélateur : elle ne cherche pas à dominer ni à recouvrir les sculptures existantes, mais à inviter le visiteur à ralentir et à attirer son regard vers elles.

 

La hutte devient ainsi un seuil entre le visible et l’invisible, amenant le promeneur à une attention envers ce qui était presque oublié, enfoui, discret.

 

La hutte.

La hutte est ici un corps végétal autonome qui ne protège plus un objet, mais une qualité : le silence, l’attention, la lenteur.

En forme de cercle 

 

Le cercle évoque la protection, le cycle du vivant, le rituel, ainsi que le rassemblement.

 

Il fait écho à la communauté des petits personnages de métal : ils ne sont pas seuls, ils appartiennent à un ensemble. 

 

Tissée de ronces   

 

Une structure ajourée laisse passer la lumière, l’air, le regard et suggère que la protection n’est jamais totale. Cela crée une présence fragile.

Sans passage possible   

 

Le visiteur ne peut pas entrer : il doit rester à l’extérieur et il est mis dans une posture d’observateur respectueux.

 

La hutte ne sert pas l’humain, elle protège autre chose.   

 

Avec une petite ouverture   

 

Le cercle est presque fermé et totalement impraticable. Un très léger écart visuel se crée, comme une invitation retenue où le visiteur pense pouvoir entrer... mais non. D’une frustration douce découle un questionnement: qui a le droit d’entrer ?   

 

À hauteur humaine   

 

La hutte se place dans un rapport d’égal à égal avec le corps du visiteur. Cela renforce l’empathie, la projection et la sensation d’un « autre vivant » en face de soi.

 

On ne peut pas entrer, mais on peut regarder, imaginer, ressentir.

Les sculptures de métal.

Elles prennent le rôle de présences témoins. Figures déjà-là, anciennes et discrètes, elles sonttelles des habitantes du lieu.

 

Leur position extérieure les rend visibles sans les isoler et les maintient dans le flux du vivant.

 

Elles appartiennent au lieu, contrairement à la hutte qui apparaît comme une intervention contemporaire.

Dialogue entre la hutte et les sculptures.


Le promeneur aperçoit d’abord la présence étrange de la hutte et comprend qu’il n’y a pas d’entrée. Son regard est ensuite attiré par les sculptures de métal.


La hutte et les êtres de pierre se répondent sans se ressembler. Placées côte à côte, le regard circule, la comparaison s’opère et aucune œuvre ne prend le dessus.


La hutte ne rivalise pas avec le métal. Elle assume son statut de passage, d’instant. Ce contraste rend la pierre encore plus juste, presque sage.


Légère ouverture de la hutte


C’est une ouverture vers le vide, un espace de projection.


Symboliquement, ce qui compte n’est pas ce que l’on enferme, mais ce que l’on choisit de ne pas saisir : tout ne doit pas être pris, montré, utilisé, traversé.


Les sculptures de pierre.


Elles restent dans le monde, exposées au vivant, visibles mais non isolées.


La hutte ne les capture pas, ne les met pas sous cloche. Elle accepte qu’elles existent hors de toute protection artificielle.

La démarche artistique sous-jacente

Dans un monde trop vite traversé et consommé, j’ai fait le choix de ne pas rendre accessible la hutte et de la laisser vide.

 

En cohérence avec le land art et l’invitation à la contemplation, l’œuvre propose ici une présence qui refuse l’usage : la hutte ne protège pas un objet et ne met pas à l’abri, mais elle invite à poser son regard sur ce qui l’entoure.

 

Cette œuvre propose dès lors, un ralentissement, une limite assumée, une présence qui necherche pas à s’imposer mais à dialoguer.

 

Le land art, à sa racine, interroge notre place et rappelle que nous sommes des invités. Belle invitation à reconsidérer notre rapport à la propriété et au respect de la terre.

 

Apprendre des êtres de pierre

Ma posture artistique ne consiste pas à expliquer les êtres de métal, ni à les protéger, ni à les mettre en scène. Elle consiste à m’aligner sur leur manière d’être et de leur répondre par une forme qui partage leur retenue.

 

La hutte fait ce que font les êtres de pierre :

* elle est là

* elle ne s’ouvre pas

* elle ne se donne pas entièrement

* elle ne demande rien

 

Ce n’est pas une œuvre « autour » des sculptures mais c’est une œuvre à leur écoute.

 

Expérience esthétique du visiteur

L’œuvre n’apprend rien au visiteur, elle le met dans une posture d’apprentissage.

 

Parce qu’il n’y a pas de passage, la hutte désoriente légèrement : on ne la traverse pas, on la contourne, on la regarde et on hésite.

 

Elle enseigne, par le corps que tout ne se donne pas immédiatement.

 

C’est une pédagogie silencieuse où les êtres de pierre apparaissent comme une révélation discrète, pas comme une attraction.

 

Les figures de métal, déjà présentes sur le site, habitent le lieu sans s’imposer. La hutte ne cherche ni à les contenir ni à les révéler, mais à leur répondre. Par son absence d’objet contenu et de passage, elle rentre en dialogue avec les sculptures. Dans sa manière d’habiter le monde, la hutte incarne un moment de transition entre vouloir voir et apprendre à voir.

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DEMARCHE ARTISTIQUE

 

Ma recherche s’axe sur les notions de temps et de dualité, fils conducteurs de plus en plus manifestes.  Le temps. Exprimé par le biais du geste. Capture de l’instant, spontané. Mais aussi répétitif, minutieux. Parfois visible, parfois caché, mais toujours unique. L’essai est l’œuvre. Il arrive qu’elle soit éphémère. Les dualités… Mise en tension et relâchement, produits manufacturés et matière brute, nature et civilisation, instantanéité et prise de temps, plein et vide, fragilité et force…  Perceptibles tant à travers le choix des procédés, des thématiques, que par le biais de la mise en dialogue des travaux.  La sensibilité, l’esthétique et la poésie prédominent. J’ai expérimenté et utilisé différentes techniques dans de multiples disciplines et divers formats. Je poursuis cette exploration dans le cadre de l’atelier de pratique expérimentale  de l’École des Arts de Braine-L’Alleud, véritable laboratoire de recherches artistiques.

 

PARCOURS FORMATIF

 

École des Arts, Braine-l’Alleud, Spécialisation en art-thérapie 2017-2018 Haute Ecole Libre de Bruxelles, Pluridisciplinaire et peinture. Académie des Beaux-Arts Jean-Jacques Gaillard, Bruxelles : formation au petit théâtre d’ombres, de papier et kamishibai ; 2016 Centre Culturel de Forest, Le BRASS, Bruxelles, Asbl Dérives :  Photographie argentique. Etc.

 

EXPÉRIENCES ARTISTIQUES

  

2025 : Projets personnels – Cyanotypes, photographie, sérigraphie, gaufrage, mobiles, installations, couture, livres-objet, collages, lampes,…   Installation « paysage aux pommes » Fête du Grand Bois Commun, Hennuyères. Exposition de fin d’année – École des Arts, Braine-L’Alleud Café (Œuvre monumentales cloison de 24 panneaux cyanotype), café du vendredi, Virginal

2024 : Ligne du temps contemporaine (Fresque), Nid suspendu et parures (Crochets d’ardoises). Exposition de fin d’année – École des Arts, Braine-L’Alleud, Installation dans un van (fils, végétaux, latex, papier)

2023 : Exposition WAW, Vignes de Genval, La touche (Installations récup’ art), Exposition de fin d’année – École des Arts, Braine-L’Alleud, Installation land art (lierre)                                   

2022 : Parcours d’Artiste Saint-Barthélemy (1er prix) - Bousval ; Installation lumineuse (Céramique) ; Installations  « Traces » (Moulage & correcteur/Fils & radiateur, papier/Bois calciné)

2017 : Exposition de fin d’année – Académie des Beaux-arts J. Gaillard, Saint-Gilles. Exposition « Landscape » (Aquarelles / Papier déchiré)

2016 : 125 ans de l’Aca – Académie des Beaux-arts J. Gaillard, Saint-Gilles. Spectacle de théâtre d’ombres.

2013 : Cité Alexandre en fête – Forest. Création de mobiles

2012 : Marché des Arts et artisanats – rue des Grands Carmes, Bruxelles. Mobile - Commande d’Oli B (Sérigraphie sur carton-mousse)

2009 : Festival Lézarts Urbains, Saint-Gilles. Exposition « Recherche avancée » (Photographie)

2008 : Le trèfle à cinq feuilles – Louvain-La-Neuve. Kimono - Commande de Jacques Raket (Sérigraphie sur tissu/Couture)

Etc.

EXPÉRIENCE D’ANIMATIONS ARTISTIQUES   

 

2025 : Mise en place et animation d’un atelier land art, Grand bois commun, Hennuyères : Mise en place et animation d’un atelier cyanotype ; Café du vendredi, Virginal : Mise en place et animation d’un atelier broderie        

2024 : Mise en place et animation de 12 ateliers pluridisciplinaires, Maison d’hébergement L’Escale, Bruxelles

 

En tandems avec

Hugo Leon Morales

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Hugo Léon Morales

 

Né au chili en 1955, sculpteur et dessinateur, il s’installe à Bruxelles en 1983. en Belgique, il poursuit ses études d’arts visuels et de sculpture à la Cambre à Mons. Hugo morales sculpte les matériaux les plus divers. il participe à de nombreuses expositions individuelles dans des galeries et lieux publics belges, parisiens et néerlandais. À côté de la réflexion sur notre société, l’art est aussi pour lui ludique.

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