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Anne-Marie Trignon
L'impuissance de la douleur
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Ce sont deux sculptures enchaînées qui ont retenu mon intérêt. Mon projet présente face à ces sculptures, des têtes noires en céramique. Ces têtes seraient enfouies jusqu’aux yeux dans une fosse remplie de sable ocre et beige. Cette installation est l’expression de l’asservissement des esclaves considérés comme des êtres sans valeur, sans intérêt. Dans une nouvelle écrite par Laurent Gaudé « Le sang négrier », l’auteur décrit bien la considération envers les esclaves : « Des moins que rien ». C’’est « du bois d’ébène » qu’il faut vendre aux colons afin de fournir une main d’œuvre gratuite travaillant dans leurs plantations. Par cette œuvre, je représente la soumission des esclaves sans pouvoir en sortir. Ils n’ont que leurs cris et leurs chants pour exprimer leur douleur. Assujettissement, asservissement total. Enchaînés de la tête aux pieds, ils n’ont aucune sortie de secours, aucun espoir de liberté. Cependant leurs cris et leurs chants soulèvent cette impuissance créant une résistance et une lueur d’espoir.

En tandem avec

Collins Mukomberanwa

Collins Mukomberanwa était un sculpteur zimbabwéen né en 1943 à Buhera, en Rhodésie du Sud (aujourd’hui Zimbabwe). Il est considéré comme l’un des pionniers du mouvement de sculpture sur pierre du Zimbabwe.

Issu d’une famille modeste, il a commencé sa carrière comme tailleur de pierre avant de se consacrer pleinement à l’art. Son travail s’inscrit dans la tradition du Shona stone sculpture, mêlant spiritualité et formes abstraites.

Mukomberanwa utilisait principalement la serpentine et d’autres pierres locales pour ses œuvres. Ses sculptures représentent souvent des figures humaines stylisées et des thèmes liés à la famille et aux ancêtres. Il a acquis une reconnaissance internationale dès les années 1960 grâce à des expositions en Europe et aux États-Unis. Son style se distingue par des lignes épurées et une forte expressivité symbolique. Il a influencé de nombreux artistes zimbabwéens, dont certains membres de sa propre famille. Collins Mukomberanwa est décédé en 1993, laissant un héritage majeur dans l’art africain contemporain.

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