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Sebalo
L'échassier mécanique

On retrouve les premières mentions de l’Échassier mécanique dans des archives rurales fragmentaires, sans datation précise. Il y est décrit comme un dispositif de déplacement utilisé dans les zones humides, là où les machines traditionnelles s’enlisaient et où les pas de l’homme devenaient incertains.
Construit à partir d’outils disponibles sur place, chaque exemplaire variait légèrement, mais tous conservaient cette silhouette élancée, inspirée des oiseaux de marais. L’utilisateur, perché au-dessus du sol, avançait lentement, en accompagnant le mouvement plutôt qu’en le maîtrisant. Il ne s’agissait pas de diriger la machine, mais de faire corps avec elle.
Certains témoignages évoquent un usage quotidien, d’autres parlent d’apparitions plus rares, presque rituelles. Puis, sans explication, l’Échassier mécanique disparaît des récits, ne laissant derrière lui que quelques structures abandonnées et l’hypothèse d’un mode de déplacement oublié.
L’Échassier mécanique propose une figure hybride, à la fois monture et engin fictif, issue de l’assemblage d’outils agricoles détournés ainsi qu'une roue âgée de 125 ans. Inspirée de la morphologie du héron, la sculpture évoque un mode de déplacement adapté aux terrains instables, entre équilibre et précarité. Dans le cadre de Tandem, l’œuvre met en jeu une relation implicite entre l’humain et la machine, entre le corps et l’outil. Cette cohabitation suggère une forme de déplacement partagé, où l’un ne va pas sans l’autre, et où l’usage devient expérience. Implantée dans le parc du château, la pièce introduit un dialogue entre paysage, mémoire rurale et imaginaire technique, transformant l’objet agricole en partenaire de traversée autant qu’en projection symbolique.
L’Échassier mécanique
Prototype de déplacement en milieu instable — série “Tandem”
Fonction : Engin de franchissement lent destiné aux terrains meubles (jardins, zones humides, friches). Conçu pour être utilisé en tandem (1 opérateur + 1 structure).
Structure : Assemblage d’outils agricoles recyclés (fourches, râteaux, éléments métalliques). Châssis autoportant à géométrie variable inspiré des échassiers.
Mode de déplacement : Progression par déséquilibre contrôlé. Adaptation naturelle aux irrégularités du sol.
Énergie : Propulsion humaine / inertie / gravité.
Particularités :
– Système d’élévation permettant une lecture étendue du paysage
– Intégration organique dans les milieux végétaux
– Mémoire matérielle des gestes agricoles conservée dans chaque composant
Statut : Objet spéculatif à mi-chemin entre outil, monture et figure symbolique.
Sébalo, artiste autodidacte, crée des œuvres d'art brut à partir de matériaux récupérés, principalement le métal. Il façonne des sculptures primitives d'animaux, de robots, et d'images inspirées de l'imaginaire collectif. Son art se démarque par sa capacité à donner une seconde vie aux objets du quotidien, les transformant en bijoux et créations utilitaires tout en promouvant le recycl'art et l'upcycling. Pour Sébalo, chaque objet abandonné devient une toile pour une réinvention artistique, offrant un regard brut et captivant sur son univers créatif.
En tandem avec :
"Ours"
de Gilles Falisse

ZOO FANTASTIQUE DANS LE MONDE
Gilles Falisse (Gilles Motte dit Falisse), sculpteur contemporain, traite et transforme les anciens matériaux pour créer un monde animalier. Son zoo est en général de grande dimension. Vous y trouvez un gorille fait de fer à cheval, un cheval en morceaux de moto Yamaha, un yak grandeur nature réalisé avec des pelles à charbon. Des pots d'échappement, des clés, des douilles, des jerrycans, des pelles, des râteaux, des moteurs etc....Cette réserve permet à l'artiste de donner naissance à n'importe quel animal terrestre ou extraterrestre. Découvrez le zoo métallique et fantastique, comme des chevaux, des singes, des oiseaux, des créateurs d'eau etc.
Ses rêves lui dictent sa création
Gilles Motte, dit Falisse, se décrit comme un alchimiste. En jetant un oeil sur son jardin à Ougrée, beaucoup le considéreraient comme un magicien. En effet, des centaines d'animaux de pierres, d'inox ou de vieux fers semblent vivre paisiblement. Baigné depuis sa naissance dans une ambiance artistique – ses parents étaient peintres amateurs et son frère et sa soeur ont étudié à Saint-Luc -, il n'était pas destiné à une carrière de sculpteur. Il se décrit comme un alchimiste.
" Mes parents considéraient que la famille comptait déjà assez d'artistes. Ils me destinaient donc à reprendre l'entreprise familiale de matériel de cuisine." Ce qu'il fera comme prospecteur, en Flandre où il sera gagné par la solitude. L'année 1989 marque un tournant dans sa vie. Lors de vacances en Bretagne, il chute de sa moto: deux vertèbres brisées et six mois d'immobilisation. Il consacre cette période d'inactivité à la réflexion et le déclic se produit. Il sera sculpteur. Ses premières oeuvres sont des dinosaures faits de vieux bouts de ferraille. Il abandonnera ce thème avec la dinomania consécutive au film "Jurassic Park".
"Je ne retravaille jamais mes matières premières, je les assemble les unes aux autres et la métamorphose se produit. Tandis que certains payent pour se débarrasser de leur ferraille, moi je les récupère. Une pelle et quelques tubes de fer se transforment en un chien qui se gratte les puces". Depuis qu'il sculpte, Gilles Falisse se sent libre, il peut laisser courir son imagination. Mais, ce qui marque d'emblée chez ce sculpteur, c'est sa fascination pour la nature et plus particulièrement les animaux. "Une nuit, j'ai rêvé d'un immense hangar, dont les portes en s'ouvrant, libéraient des milliers d'animaux sculptés qui couraient vers moi". Et maintenant, il s'attelle à la réalisation de son rêve. Il expose ses sculptures un peu partout en Belgique, comme le coq sur le pont barrage d'Ivoz-Ramez ou encore l'avion sur le toit du bâtiment Durohome à Rocourt. En 2005, il épouse Huang, une Taïwanaise étudiant en Europe. Il sera repéré par le Musée d'histoire naturelle de Taïwan qui lui consacre une de ses salles. Mais sculpteur n'est pas son seul boulot, il est également inventeur. Deux brevets ont déjà été déposés à son nom. Le premier protège sa technique de sculpture, l'inox et la pierre. Le second est un moteur électrique pour vélo adaptable sur tous les modèles qui sera prochainement commercialisé par la firme Diamond. Grâce à ses brevets, Gilles Falisse espère gagner plus facilement sa vie, lui qui défend un véritable statut pour les artistes.