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Noémie Vukasinovic
La dame debout

Alors que Cyrano de Bergerac a fière allure dans sa structure en métal rouillé, la « dame debout » vient l’interroger sur les différentes nuances du courage. Figure emblématique du panache et de la répartie, le mousquetaire pose son regard sur une incarnation d’un courage plus intime, plus proche de la persévérance au quotidien.
Ce personnage féminin parle aussi du rapport au corps, de cette métamorphose durant plusieurs mois, du ventre qui se gonfle pour se relâcher ensuite mollement. La fatigue se marque sur le visage, les hormones chutent et les cheveux avec. Ce n’est pas toujours évident de sentir autant de changements en si peu de temps. C’est pourquoi je pense qu’il faut accompagner le post-partum d’une bonne dose de patience et de bienveillance !
Cyrano était moqué pour son long nez et s’est développé un bon esprit de répartie et d’autodérision. Il peut encore être une grande inspiration aujourd’hui, notamment pour les adolescents qui subissent du harcèlement. Le rapport au corps n’est pas toujours évident non plus à cet âge, ils vivent beaucoup de changements avec la puberté. Les filtres sur les réseaux sociaux les habituent à voir des visages lissés, des corps normés et cela peut avoir un impact négatif sur la perception qu’ils ont d’eux-mêmes. Cela leur demande d’ailleurs parfois beaucoup de courage aussi de continuer de se lever le matin et d’aller à l’école
Encre de Chine et peinture sur papier, impression sur dibond, 2026
En tandem avec :
"Cyrano"
de Gilles Motte dit Falisse

ZOO FANTASTIQUE DANS LE MONDE
Gilles Falisse (Gilles Motte dit Falisse), sculpteur contemporain, traite et transforme les anciens matériaux pour créer un monde animalier. Son zoo est en général de grande dimension. Vous y trouvez un gorille fait de fer à cheval, un cheval en morceaux de moto Yamaha, un yak grandeur nature réalisé avec des pelles à charbon. Des pots d'échappement, des clés, des douilles, des jerrycans, des pelles, des râteaux, des moteurs etc....Cette réserve permet à l'artiste de donner naissance à n'importe quel animal terrestre ou extraterrestre. Découvrez le zoo métallique et fantastique, comme des chevaux, des singes, des oiseaux, des créateurs d'eau, etc.
Ses rêves lui dictent sa création
Gilles Motte, dit Falisse, se décrit comme un alchimiste. En jetant un oeil sur son jardin à Ougrée, beaucoup le considéreraient comme un magicien. En effet, des centaines d'animaux de pierres, d'inox ou de vieux fers semblent vivre paisiblement. Baigné depuis sa naissance dans une ambiance artistique – ses parents étaient peintres amateurs et son frère et sa soeur ont étudié à Saint-Luc -, il n'était pas destiné à une carrière de sculpteur. Il se décrit comme un alchimiste.
" Mes parents considéraient que la famille comptait déjà assez d'artistes. Ils me destinaient donc à reprendre l'entreprise familiale de matériel de cuisine." Ce qu'il fera comme prospecteur, en Flandre où il sera gagné par la solitude. L'année 1989 marque un tournant dans sa vie. Lors de vacances en Bretagne, il chute de sa moto: deux vertèbres brisées et six mois d'immobilisation. Il consacre cette période d'inactivité à la réflexion et le déclic se produit. Il sera sculpteur. Ses premières oeuvres sont des dinosaures faits de vieux bouts de ferraille. Il abandonnera ce thème avec la dinomania consécutive au film "Jurassic Park".
"Je ne retravaille jamais mes matières premières, je les assemble les unes aux autres et la métamorphose se produit. Tandis que certains payent pour se débarrasser de leur ferraille, moi je les récupère. Une pelle et quelques tubes de fer se transforment en un chien qui se gratte les puces". Depuis qu'il sculpte, Gilles Falisse se sent libre, il peut laisser courir son imagination. Mais, ce qui marque d'emblée chez ce sculpteur, c'est sa fascination pour la nature et plus particulièrement les animaux. "Une nuit, j'ai rêvé d'un immense hangar, dont les portes en s'ouvrant, libéraient des milliers d'animaux sculptés qui couraient vers moi". Et maintenant, il s'attelle à la réalisation de son rêve. Il expose ses sculptures un peu partout en Belgique, comme le coq sur le pont barrage d'Ivoz-Ramez ou encore l'avion sur le toit du bâtiment Durohome à Rocourt. En 2005, il épouse Huang, une Taïwanaise étudiant en Europe. Il sera repéré par le Musée d'histoire naturelle de Taïwan qui lui consacre une de ses salles. Mais sculpteur n'est pas son seul boulot, il est également inventeur. Deux brevets ont déjà été déposés à son nom. Le premier protège sa technique de sculpture, l'inox et la pierre. Le second est un moteur électrique pour vélo adaptable sur tous les modèles qui sera prochainement commercialisé par la firme Diamond. Grâce à ses brevets, Gilles Falisse espère gagner plus facilement sa vie, lui qui défend un véritable statut pour les artistes.